Les frênes têtards : un patrimoine vivant de l'Anjou

Frêne commun © Shutterstock

Véritable figure végétale de l’Anjou, le frêne têtard, ou « trogne », symbolise le lien ancien entre la nature et l’homme.

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Les trognes de frêne, avec leurs silhouettes singulières et leurs troncs sculptés, sont de véritables symboles du bocage angevin. Héritées du Moyen Âge, elles résultent d'une technique traditionnelle de taille : l’émondage. Aujourd'hui, elles continuent d'enrichir notre paysage et d'offrir un refuge unique à de nombreuses espèces.

La trogne : un savoir-faire au service de la nature

Les trognes, aussi appelées "têtards," existent grâce à l’art de l’émondage, une pratique née au Moyen Âge. À cette époque, les paysans ne pouvaient pas couper les arbres, qui appartenaient aux seigneurs. Ils ont donc développé cette technique de coupe régulière des branches, encourageant la repousse pour disposer de ressources renouvelables. Ces arbres taillés servaient à tout : bois de chauffage, fourrage pour les animaux, vannerie, et même phytothérapie. Le terreau qui se forme dans les cavités des trognes, autrefois surnommé le « sang de la trogne », était lui aussi utilisé comme engrais naturel pour fertiliser les sols.

Certains frênes donnaient aussi une boisson locale appelée « freinette ». Au fil des ans, les tailles répétées ont modelé ces frênes, leur donnant des cavités et des formes arrondies. Ces cavités deviennent de petits écosystèmes où logent rapaces nocturnes, chauves-souris, insectes, et même des champignons.

Un patrimoine en danger

Aujourd'hui, les trognes de frêne sont menacées. La chalarose, une maladie fongique qui s’attaque aux frênes, affaiblit cette espèce emblématique. En plus de cette menace naturelle, les frênes sont parfois abattus en grand nombre pour exporter leur bois. Pourtant, protéger les trognes, c’est préserver un trésor naturel et un lien vivant avec notre histoire.

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