Anjou - Département de Maine-et-Loire
Nature Protégeons les espaces naturels de l'Anjou
Rosalie des alpes © Shutterstock

La Rosalie des Alpes

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La Rosalie, le plus bel insecte de l’Anjou ?

Le nom de « Rosalie des Alpes » pourrait en induire quelques-uns en erreur. De l’image que l’on se fait d’une jolie fleur des montagnes, l’espèce n’en a que la beauté : il s’agit d’un insecte ! La Rosalie appartient à la famille des Cérambycidés, plus couramment appelés les Longicornes de par leurs longues antennes. Comme ses cousins, sa larve se développe dans le bois avant de devenir un imago. C’est sous cette forme volante que la Rosalie enchante l’été les vallées de l’Anjou, en quête d’un partenaire et d’un vieux Frêne têtard...

  • Aspect : ce longicorne a une taille comprise entre 2 et 4 centimètres, et ce sans compter les antennes. Ces dernières chez le mâle sont plus longues que le corps ! D’une jolie couleur bleue cendrée, la Rosalie des Alpes arbore qui plus est des motifs noirs symétriques sur ses élytres. Ses antennes bleues sont également annelées de noirs par de petites touffes duveteuses, comme des pompons.
  • Régime alimentaire : la larve est xylophage et se repaît du bois de Frêne, de Hêtre ou, dans une moindre mesure, de Saule. Elle est plus précisément dite saproxylique car elle se développe spécifiquement dans du bois mort ou dépérissant. Elle participe ainsi à la dégradation des vieux troncs et, en réalisant des galeries, offre des logis pour d’autres insectes. La forme adulte ou « imago » ne se nourrit pas ou se contente d’un peu de sève coulant d’un arbre.
  • Prédateurs : oiseaux insectivores comme le Pic épeiche.
  • Longévité : l’imago ne vit qu’une dizaine de jours. Les larves se développent en revanche dans le bois pendant plusieurs années.
  • Reproduction : la Rosalie des Alpes aime prendre son temps et la reproduction prend plusieurs heures. La femelle pond ensuite, un par un, ses œufs dans du bois mort ou sénescent. Ces derniers n’écloreront parfois que cinq ans après !

Où vit ce curieux coléoptère ?

En France, la Rosalie des Alpes se rencontre bien sûr dans les Alpes, mais aussi dans les Pyrénées et le Massif central. Elle s’est également installée en plaine, dans le Marais poitevin et les Pays de la Loire. Elle semble par ailleurs étendre son aire de répartition depuis quelques années à d’autres régions bocagères. Cela n’en fait pas moins une espèce rare, protégée partout en Europe et menacée d’extinction en France comme dans le Monde.

En Anjou, certains espaces naturels sensibles sont particulièrement propices à la Rosalie des Alpes :

Comment observer la Rosalie des Alpes ?

Si l’on croisait la Rosalie des Alpes à chaque coin de haie, cela se saurait ! Comme beaucoup de joyaux de la biodiversité angevine, rencontrer ce bel animal n’est pas chose aisée. Il faut déjà choisir la bonne période : la forme adulte est visible entre juillet et août. Il s’agit ensuite de chercher des lieux propices : du bois mort, des souches, de préférence au soleil. Puis espérer, simplement, que l’insecte ne reste pas caché dans le feuillage...

Des sorties nature proposées notamment par les associations naturalistes locales (CPIE , LPO…) permettent de profiter de l’aide d’un spécialiste pour aller à la rencontre de cette espèce.

De possibles indices dans le bois

Il est plus facile de détecter la présence de la Rosalie des Alpes que de la voir. Les biologistes qui suivent les populations de cet insecte le savent bien : ils inspectent avant tout le bois sec. Là où ont vécu des larves, des trous elliptiques sont visibles. C’est par là qu’elles seront sorties de leur lieu de naissance, sous forme d’imago.

Une espèce menacée à protéger

Les menaces qui pèsent sur la Rosalie des Alpes

La Rosalie des Alpes est classée comme « vulnérable » sur la liste rouge nationale. L’espèce souffre de la disparition de son habitat ou, plus précisément, de son micro-habitat. Ce n’est en effet pas tant le paysage bocager qu’elle recherche qu’un arbre bien spécifique où elle pourra se reproduire. Il lui faut seulement un tronc, voire même une simple branche d’un arbre mort ou en fin de vie.

Pas facile à trouver cependant ! Les boisements étant traditionnellement nettoyés de leur bois mort, la Rosalie des Alpes a vu ses effectifs dégringoler.

Cet insecte apprécie par ailleurs le bois tendre mais sec et, surtout, non moisi. Il opte ainsi souvent pour des tas de bois déposés au bord des routes ou des habitations et destinés au chauffage. Un véritable piège pour ses larves...

Les actions entreprises pour sa sauvegarde

L’ONF intègre dans sa gestion des forêts la constitution « d’îlots de vieillissements ». Des arbres morts bien définis, voire même des troncs, sont laissés sur place pour que des espèces de Longicornes y pondent.

Autre mesure mise en place en certains lieux : la pose de troncs de hêtre très attirants. Ceux-ci sont placés à côté de tas de bois destinés au chauffage afin que les femelles trouvent une meilleure alternative pour pondre.

Mais en Maine-et-Loire la protection de l’espèce passe avant tout par la préservation des Frênes têtards. Ceci au moyen d’outils fonciers, d’outils de gestion et également par la plantation de nouvelles haies de frênes. Le Département participe à tous ces types d’actions.

Découvrir l’ensemble des actions du Département de Maine-et-Loire pour la préservation des écosystèmes angevins

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