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© Étienne Begouen

Forêt de Chambiers

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    2 046

    Ha

    Au nord de l’Anjou, une forêt aux pieds d’argile

    Dans l’ouest du Baugeois se trouve le plus vaste espace naturel sensible de type forestier de Maine-et-Loire. En grande partie privée, la forêt de Chambiers s’étend de Durtal au nord à Jarzé Villages au sud. Elle dévoile des paysages variés au fil des chemins qui la traversent.

    Les futaies de pins maritimes, tapissées de fougères, dominent l’espace. Elles transportent le promeneur dans un voyage dépaysant rappelant la forêt landaise. Il n’y a pas de doute : quand les hauts fûts des pins rougissent au soleil couchant, c’est la Gascogne qui vous gagne !

    Par endroits, les conifères laissent place à des boisements de feuillus ponctués de bruyère. Il y a là des chênaies de diverses essences : pédonculé, sessile et même tauzin.

    Mais le charme du site et son intérêt écologique tiennent avant tout à ses précieuses zones humides. D’anciennes carrières d’argile ont donné naissance à un réseau d’étangs. Plus ou moins profonds, bleu turquoise ou bleu marine, ils n’ont pas la même allure. Ils sont parfois tachetés de gazons amphibies, souvent ceinturés par des saulaies ou des roselières. Cet ensemble de pièces d’eau accueille une biodiversité d’une richesse souvent insoupçonnée.

    Parcourue de multiples sentiers, la forêt de Chambiers invite à de longues balades. Un parcours découverte de sa biodiversité et un circuit communautaire ont notamment été aménagés. Mais l’on peut également flâner simplement au bord du grand étang, à la pointe nord du massif.

    Faune et flore de la forêt de Chambiers

    Une riche avifaune sylvestre et aquatique

    De nombreux oiseaux ont élu domicile dans la forêt de Chambiers. Le Serin cini, qui affectionne les pinèdes et les massifs de chênes, y trouve notamment son bonheur. Les mésanges également : charbonnières, à longues queues ou noires, elles se donnent la réplique. Quant aux pics, ils tambourinent à qui mieux mieux dans la forêt. Deux d’entre eux sont peu communs : le Pic épeichette et le Pic mar. Facilement confondus avec le Pic épeiche, ils ont eux aussi un plumage bigarré, composé de noir, de blanc et de rouge. Le premier est toutefois plus petit que le Pic épeiche et le second arbore une calotte rouge vif.

    La forêt accueille également des rapaces. Le Faucon hobereau, habile chasseur de passereaux et de libellules, ainsi que la Bondrée apivore, croqueuse de guêpes, en sont deux exemples remarquables. Quant aux étangs, ils sont visités tant par des échassiers comme le Héron pourpré et la Grande Aigrette que des canards tels les Fuligules morillon et milouin.

    De petites bestioles pas moins dignes d’intérêt

    Moins impressionnants que les chevreuils et sangliers qui parcourent la forêt, les insectes animent tout autant les lieux. Certains laissent entendre leurs stridulations comme le Grillon des marais ou la Decticelle bariolée, une sauterelle. D’autres peuvent être aperçus en train de filer à vive allure tel le Carabe intriqué. Ce coléoptère a un corps bleu métallique du plus bel effet mais… attention ! Malheureux celui qui voudrait le manipuler : il a la capacité de projeter un jet d’acide depuis la base de son abdomen.

    Des amphibiens peu communs, voire menacés, habitent également la forêt. Triton marbré, Triton crêté et Crapaud calamite visitent notamment les zones humides de cet espace naturel sensible. Ils y accompliront une partie de leur cycle de vie.

    L’anecdote du naturaliste Un rapace qui n’a pas peur de se faire piquer

    Au premier regard, la Bondrée apivore a tout l’air d’une buse. Mais lorsqu’elle se met à chasser, le doute n’est plus permis. Quel autre rapace surveillerait les allées et venues des guêpes afin de mettre à sac leur nid ? La Bondrée apivore est en effet un insectivore chassant avant tout les hyménoptères (abeilles, bourdons et apparentés). Son met préféré ? Les œufs et larves des guêpes, qu’elle dévore après avoir trouvé et déterré les nids. Certaines adaptations physiques protègent en partie la Bondrée des inévitables piqûres, en particulier au niveau des yeux.

    Des tourbières porteuses d’une flore menacée

    Les zones humides de l’espace naturel sont riches en tourbe. Une particularité qui se fait rare et qui permet le développement de plantes peu communes. La Rossolis intermédiaire, par exemple, compense la pauvreté nutritive du milieu par quelques insectes forts goûteux ! Rare et protégée sur tout le territoire français, elle fait partie du genre Drosera qui regroupe des espèces utilisant des poils collants comme système de capture.

    La Rossolis intermédiaire n’est pas la seule plante carnivore à Chambiers. Deux espèces d’Utriculaires profitent également des zones humides : l’Utriculaire citrine et l’Utriculaire de Bremi. Cette dernière se distingue de sa consœur par la présence de rameaux blanchâtres s’enfonçant dans la vase.

    Bien d’autres plantes typiques des tourbières sont présentes sur l’espace naturel sensible. Le Saule rampant et le plus aquatique Myriophylle à feuilles alternes en sont deux beaux exemples. Le Myriophylle est d’ailleurs quasi-menacé en Pays-de-la-Loire. En cause : la raréfaction de ses habitats.

    860

    espèces animales, 666 espèces végétales et 116 espèces de champignons ont été recensées dans la forêt de Chambiers. Un véritable réservoir de biodiversité !

    Une malle aux trésors pour les botanistes

    La présence en un même lieu de la Bruyère des marais, assez rare, et de la Bruyère ciliée, plus commune, permet leur hybridation naturelle. Naît de cette union l’inhabituelle Bruyère de Watson qui trouve probablement ici son dernier sanctuaire en Maine-et-Loire !

    Dans les zones plus sèches, c’est un autre arbrisseau à feuillage persistant que le promeneur pourra rencontrer : l’Hélianthème faux-alysson. Espèce menacée en Pays-de-la-Loire, Elle forme des buissons aux jolies fleurs jaunes et rouges.

    Autre plante rare mais aussi protégée, le Peucédan de France se développe pour sa part à la lisière de la forêt.

    De nombreuses autres espèces de la forêt de Chambiers sont remarquables. Du Millepertuis des marais formant des petites touffes duveteuses dans les tourbières à la Serratule des teinturiers, dont le suc jaune était autrefois employé comme colorant, le botaniste en herbe qui sommeille en nous aura de quoi faire des découvertes !

    Une histoire au rythme des battues et de la terre cuite

    Giboyeuse, la forêt de Chambiers était au Moyen-Âge un domaine de chasse prisé. Les seigneurs de Durtal et leurs invités y menèrent de nombreuses battues. Des rois de France y participèrent notamment, comme en témoigne le carrefour baptisé « la Table au Roy ».

    La carrière au cœur de la forêt de Chambiers est par ailleurs le témoin vivant d’une activité traditionnelle. La commune de Rairies a en effet été un haut lieu de la fabrication de briques, de tuiles et même de poteries. Elle a compté de nombreuses briqueteries, jusqu’à une soixantaine en 1867 ! Il en existe encore quelques-unes aujourd’hui. Ce sont en particulier des carreaux en tomettes qui y sont fabriqués.

    Pour façonner ces objets en terre cuite, il faut naturellement de la matière première. L’argile provenait et provient encore aujourd’hui de carrières à ciel ouvert. Celle de la forêt propose toujours aux potiers de la région un approvisionnement local.

    Un espace naturel sensible en action

    Une partie de la forêt appartient à la commune de Durtal. Sa gestion est assurée par l’ONF, l’Office national des forêts. Parmi les objectifs poursuivis : la recherche d’une plus grande diversité en essences. Cela afin d’avoir une forêt plus résiliente pour mieux faire face au changement climatique.

    Les carrières constituent également un enjeu important de gestion. Ce sont, à première vue, des milieux très anthropisés. L’être humain y transforme en effet en profondeur le paysage. Mais une fois l’exploitation terminée, ces espaces peuvent se révéler très intéressants d’un point de vue écologique. Beaucoup d’étangs à Chambiers sont ainsi d’anciennes argilières et concentrent aujourd’hui une part importante de la biodiversité du massif. La carrière encore en activité sur le site devrait probablement connaître la même destinée que ses ancêtres.

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