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© Étienne Begouen

Vallée de l'Oudon

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    Ha

    Au nord de l’Anjou, une rivière capricieuse au charme bucolique

    Après avoir pris sa source en Mayenne, l’Oudon pénètre dans le Maine-et-Loire où il traverse Segré-en-Anjou Bleu et Le Lion-d’Angers. S’il a été aménagé pour la navigation entre ces deux communes, il n’en garde pas moins une certaine naturalité. Sa portion angevine est ainsi reconnue espace naturel sensible jusqu’à son embouchure avec la Mayenne, à l’Isle Briand.

    La vallée dessinée par l’Oudon dans le Nord-Ouest de l’Anjou est très typique du paysage segréen. Encaissée mais assez large, elle est encore bordée ici et là par des prairies naturelles inondables. Des réseaux de haies délimitent ces parcelles pâturées ou fauchées, y dessinant un bocage pittoresque. Aux alentours de Segré, des vergers producteurs de cidre évoquent même la Bretagne.

    Ce mariage entre arbres et prairies au bord de l’eau a séduit de nombreux animaux. Qu’ils barbotent dans l’Oudon ou glissent au-dessus de sa ripisylve, ils se laissent découvrir le long du chemin de halage.

    Faune et flore de la vallée de l’Oudon

    Le retour du Castor et de la Loutre

    Dans la vallée de l’Oudon vivent deux espèces en cours de recolonisation en Anjou : le Castor et la Loutre . Le premier s’est déjà bien établi sur le département, la seconde poursuit la reconquête de ses habitats passés.

    S’ils fascinent et font beaucoup parler d’eux, ils n’y sont pas les seuls mammifères remarquables. La présence du Campagnol amphibie, un petit rongeur des milieux aquatiques de plus en plus rare, y a été détectée. Ses prédateurs, le Vison d’Amérique et la plus menacée Belette, vivent également dans la vallée.

    La diversité de chauves-souris liée aux différents biotopes est tout aussi exceptionnelle. Le Murin de Daubenton chasse au-dessus de l’Oudon tandis que le Petit Rhinolophe et son grand frère le Grand Rhinolophe investissent les zones de bocage. Ces dernières, relictuelles, sont aussi le refuge d’oiseaux menacés telles la Chevêche d’Athéna, la Pie-grièche écorcheur et la Huppe fasciée.

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    espèces d'oiseaux recensées depuis 2010 le long de l’Oudon

    Des eaux poissonneuses et riches en insectes

    Des bancs de Bouvières, nagent bien cachés dans les tapis d’herbes aquatiques. Ces petits poissons protégés prennent une jolie teinte rosée pour la saison des amours. C’est ce qui leur vaut le nom scientifique de Rhodeus amarus, rhodon signifiant en grec « rose ». La reproduction des Bouvières dans l’Oudon témoigne par ailleurs de la présence de moules d’eau douce puisque ces poissons pondent dans leur coquille.

    Dans le fond de la rivière, le Sandre et des petits groupes de Grémilles chassent d’autres poissons. Le Gardon et son presque sosie le Rotengle figurent au menu.

    La Loche franche, un autre prédateur, a la particularité de s’activer la nuit et de se cacher la journée. Pour éviter de se faire gober, elle s’enfonce dans le sable ou la vase. Elle craint autant les gros poissons que le Martin-pêcheur, pour lequel elle constitue un mets de choix.

    Ce petit oiseau aussi vif que coloré n’est pas le seul piscivore à prélever sa pitance dans l’Oudon. Le Héron cendré et le Grand Cormoran n'hésitent pas à engloutir des poissons dont la taille aurait de quoi rendre jaloux les pêcheurs !

    Des Hirondelles, dont des Hirondelles de rivage, ainsi que des Gobemouches gris ou noir pourchassent les insectes aquatiques. La Bergeronnette des ruisseaux se délecte quant à elle de leurs larves. Même des Libellules comme la Libellule fauve et l'Anax empereur s'invitent à ce grand banquet insectivore… Quand elles ne se font pas elles-mêmes croquer !

    L’anecdote du naturaliste Une migration au long cours

    Les Anguilles vivant dans le bassin versant de l’Oudon n’y sont pas nées. Elles viennent de l’autre côté de l’Atlantique : de la mer des Sargasses. Encore petites larves, le Gulf Stream les a portées jusqu’au littoral français. Durant cette longue traversée, elles ont grandi, devenant de jeunes anguilles appelées « civelles ». Elles remontent ensuite les fleuves français, dont la Loire, puis gagnent les rivières, les ruisseaux, parfois même les plans d’eau. Elles y resteront de longues années, pouvant atteindre le mètre et passant du jaune à l’argenté. Un automne, toutefois, l’appel de la reproduction les saisira : elles repartiront vers la mer des Sargasses.

    Les Hélophytes, des plantes qui aiment l’eau

    Iris et Salicaire poussent au bord de l’Oudon. Très courantes, ces plantes n’en sont pas moins élégantes. La Salicaire commune donne l’été des inflorescences violettes en longs épis, qui ne passent pas inaperçues. Il en est de même pour les fleurs jaunes de l’Iris des marais, pouvant atteindre les 10 cm.

    Sur l’eau, le promeneur remarquera aussi ce qui semble être un Nénuphar aux petites fleurs blanches. Cette plante vivace flottant sur l’eau est appelée Morène ou Grenouillette.

    L’apprenti botaniste pourra découvrir de nombreuses autres plantes typiques des cours d’eau. La Reine-des-prés, par exemple, investit comme son nom l’indique les prairies humides rivulaires. Elle déploie un plumeau de fleurs blanc crème dont le parfum aux notes d’amandes est entêtant.

    Autre exemple : la grande Oenanthe safranée, qui sent le persil. Elle donne des inflorescences dites en « ombelles » car en forme d’ombrelles ou de parapluies.

    L’Oudon, une rivière canalisée

    L’Oudon a connu d’importants travaux au début du XXe siècle pour permettre la navigation en aval de Segré. Les quelques pertuis qui existaient alors, simples ouvertures dans des barrages, laissèrent place à des écluses. 19 kilomètres de la rivière sinueuse furent ainsi canalisés.

    Les chalands nantais (bateaux à fond plat) et les gabarots mayennais (petites gabares) ont aujourd’hui déserté l’Oudon. Le transport de marchandise d’autrefois (ardoises, granite, bois…) a laissé place au tourisme fluvial. Ce sont des bateaux de plaisance habitables, des kayaks et des pédalos qui glissent dorénavant sur les entrelacs de l’Oudon.

    Un espace naturel sensible à protéger

    Le Département est propriétaire de la partie navigable de l’Oudon. Sur celle-ci, il œuvre à rendre franchissables les ouvrages entravant la migration des poissons. La mise en place de passes à poissons est en particulier justifiée par la présence de l’Anguille européenne. Mais elles profitent également à de nombreuses autres espèces comme le Brochet.

    Si de multiples actions visent à préserver la qualité de l’eau, sa quantité devient un enjeu de plus en plus prégnant. L’Oudon a historiquement des fluctuations saisonnières particulièrement marquées. Mais si l’été le niveau est naturellement bas, l’étiage se fait toutefois de plus en plus sévère depuis quelques années. Faune et flore de la vallée sont ainsi de plus en plus menacées par le changement climatique.

    Découvrir l’ensemble des actions du Département de Maine-et-Loire pour la préservation des écosystèmes angevins

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